Avec beaucoup de réserves

Les réserves naturelles sont des mines d'or de ressources biologiques. Elles nous apprennent à mieux connaître la nature. C'est pourquoi il faut les préserver.

Jean Pinesi

Aux gens stressés, on conseille de fermer les yeux et de s'imaginer dans un paysage naturel apaisant, où tout n'est que verdure, calme et chants d'oiseaux. La liberté se vit plus intensément au sein de la nature. Alors, n'hésitez pas! Fermez les yeux, respirez doucement et imaginez... Si la nature qui se déroule sous vos paupières closes est intacte, sauvage et parfumée, riche d'une faune et d'une flore variées, il y a de bonnes chances que vous vous soyez transporté dans une réserve naturelle. Et si vous désirez concrétiser votre rêve sur le terrain, vous n'aurez que l'embarras du choix, puisque la Suisse ne compte pas moins de 1700 zones protégées.

Réserve naturelle, parc régional, zone protégée... combien de visages peut prendre la nature? «Une réserve naturelle est un espace géographique plus ou moins grand, destiné à des objectifs de protection déterminés», précise Adrien Zeender… On peut difficilement faire mieux. Mais aussi riches et diversifiés qu'ils peuvent l'être, ces ensembles naturels restent des milieux fragiles menacés par l'érosion, les maladies, les incendies, et, bien entendu, les visiteurs peu respectueux de la nature. «Ces menaces directes mettent en péril les objectifs fixés, mais pas directement la réserve elle-même», explique Adrien Zeender. Le risque le plus grave résidant dans le type de protection mis en place. Pro Natura gère 694 réserves naturelles à travers toute la Suisse. La majorité d'entre elles sont protégées par contrat passés avec les propriétaires de sites. En cas de rupture de contrat, les réserves non protégées juridiquement seraient livrées à elles-mêmes ou, pire encore, aux bétonneurs. «Le rôle d'une réserve se situe à plusieurs niveaux, continue le spécialiste de Pro Natura. Il consiste en premier lieu à maintenir les ressources biologiques. Si des espèces végétales ou animales se perdent, il est très difficile de les redynamiser. Ensuite, il ne faut pas négliger le rôle éducatif. Il faut donner envie aux gens de sauvegarder ce qui reste.»…

…- Guide des réserves naturelles de Suisse, Pro Natura. Ed. Delachaux et Niestlé. Peut être commandé au no de fax: 061 317 92 66 ou par E-mail: shop@pronatura.ch ou sous:

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Pro Natura souhaiterait augmenter la part de zones protégées en Suisse et en améliorer la protection.

COOPERATION.

Que signifie «protection de la nature» pour Pro Natura?

Adrien Zeender. Protéger la nature c'est préserver et favoriser la diversité biologique. En d'autres termes, il s'agit de sauvegarder les espèces animales et végétales de même que leurs milieux naturels, les paysages naturels et domestiqués ainsi que les processus naturels là où ils existent encore, les régénérer ou les recréer là où ils ont disparu.

Combien y a-t-il de zones protégées en Suisse?

Environ 1700. Ce qui représente une surface d'environ 27% du territoire. La majorité de cette surface correspond à des zones de protection paysagère dont la protection est tellement faible que certains refusent de les prendre en compte dans le calcul des aires protégées! Pro Natura estime que seulement3% environ du territoire suisse est mis sous protection efficace.

Est-ce suffisant?

Non. Nous souhaitons avant tout de nouveaux parcs nationaux pour une surface équivalente à 5% du territoire suisse. En plus de cela, nous désirons un réseau de réserves forestières et de zones sauvages ainsi qu'une gestion de meilleure qualité dans les zones de protection de biotopes. Finalement, nous espérons une meilleure protection des paysages encore intacts.

Voulez-vous transformer la Suisse en réserve?

5% du territoire pour huit nouvelles réserves nationales: il n'y a pas de quoi s'effrayer! Je tiens à souligner que le Parc national des Grisons, le seul dont dispose la Suisse à l'heure actuelle, rapporte plus de 17 millions de francs à la région. D'autre part, beaucoup d'habitants de régions reculées du pays seraient heureux que leur territoire soit classé en parc national ou régional, car des activités typiquement locales y seraient promues et ils pourraient bénéficier d'un label pour leurs produits.

Combien de temps vous donnez-vous pour réaliser vos objectifs?

Vingt ans me semblent réalistes.

Propos recueillis par Jean Pinesi

 

 

 

 

 

 

Pour ses 50 ans, Migros Valais soutient la construction du Centre nature à Salquenen.

Les beautés de Finges

Mise en valeur des richesses naturelles valaisannes.

Au coeur de notre canton, à cheval sur la frontière linguistique, se trouve un espace naturel de renommée nationale et d'une richesse exemplaire: la forêt de Finges. Afin de mieux mettre en évidence ses beautés, on construit à Salquenen un Centre nature.

Enthousiasmée par ce projet de développement durable, Migros soutient cette construction novatrice à hauteur d'un demi-million de francs. La moitié provient d'une attribution spéciale du Pour-cent culturel valaisan; l'autre moitié est versée par le Fonds d'aide ciblée de la Fédération des coopératives Migros.

Un centre de compétences

Le Centre nature poursuivra deux buts: d'une part, il aura une visée pédagogique et attirera des groupes d'écoliers ainsi que des adultes désireux de s'instruire sur la faune et la flore. D'autre part, il fera figure de centre de compétences au niveau national, voire international.

Un des points forts du projet réside dans les visions de réseaux qu'il développe avec les services publics, les associations environnementales (WWF, Pro Natura), la recherche, la promotion économique et des organisations privées. Accueillir un centre de cet acabit représente une grande chance pour notre canton. Par son ambition d'allier harmonieusement préoccupations écologiques et développement économique, il promet à la région de Finges un avenir radieux.

La première pierre

Le 9 septembre, Migros remettait officiellement le chèque d'un demi-million de francs à la commune de Salquenen et procédait à la pose symbolique de la première pierre du Centre nature.

A cette occasion, les représentants de l'entreprise (Claude Hauser, président de la Fédération des coopératives Migros, et Jean-René Germanier, président de Migros Valais) se sont joints aux autorités politiques (Jean-Michel Cina, conseiller d'Etat, et Urs Kuonen, président de Salquenen) ainsi qu'au président de l'Association Pfyn-Finges, Erno Grand, pour exprimer leur satisfaction quant à la réalisation d'un si beau projet. Le Centre nature sera achevé dans le courant de l'hiver 2006/07. Migros est fière de participer à ce projet qui correspond parfaitement à ses buts et à son éthique.

Mélanie Zuber

 

 

 

 

 

 

Un des cent joyaux naturels d'Europe.

Un paradis en Valais

La pinède de Finges est un royaume de biodiversité unique en Europe. Migros soutient son centre d'informations en lui allouant un demi-million de francs.

Le héron au long bec emmanché d'un long cou n'est pas le phénix des hôtes des bois de Finges, mais il mérite toutefois d'être observé lorsqu'il ramène sa proie à la surface. Ceux qui s'intéressent à cet oiseau pêcheur pourront donc le voir tout à loisir dans ce territoire préservé. Mais de nombreux autres volatiles ont également élu domicile en ces lieux: rousserolles, balbuzards, colverts s'ébattent à l'envi. Au total, quelque cent trente-trois espèces d'oiseaux nicheurs sur cent huitante-huit recensées en Suisse sont représentées ici.

Nature à l'état pur

La forêt de Finges est la plus grande étendue plantée de pins sylvestres de notre pays et une des plus importantes d'Europe. Elle fait partie de la centaine de paysages naturels les plus beaux du continent. Au coeur du Valais, entre les massifs calcaires des Alpes bernoises et les reliefs granitiques des Alpes valaisannes, la pinède s'étend sur quatre communes.

Au milieu coule le Rhône, resté indomptable. Sa topographie variée à l'extrême, son sol maigre et ses bas-fonds humides assurent une biodiversité que l'on ne rencontre pratiquement nulle part ailleurs. Ce n'est pas pour rien que l'Université de Berne organise régulièrement, depuis les années cinquante, des cours sur le terrain pour étudier les insectes et les espèces menacées d'extinction. On compte quelque vingt-six variétés de libellules et des papillons les plus divers, des scarabées et des abeilles rares. Les visiteurs peuvent en outre, en participant à des excursions organisées, apprendre à mieux connaître chauves-souris, écrevisses, amphibiens et reptiliens.

Parc naturel en devenir

Une association Pfyn-Finges a été créée dans le but de conserver cet exceptionnel domaine naturel. En font partie les communes et régions concernées, ainsi que le WWF et Pro Natura. L'objectif est de réaliser un parc naturel et de promouvoir un tourisme doux.

Engagement exceptionnel

Le premier pas dans cette direction sera la construction d'un centre d'information dans la réserve protégée. La pose de la première pierre aura le 9 septembre prochain à Salquenen. Ce centre «Nature et Paysage» est soutenu de manière substantielle par Migros. Ainsi, le fonds d'aide de la Fédération des coopératives Migros et la coopérative Valais financent le projet à hauteur de 250000 francs chacune.

Un engagement exceptionnel de la part de Migros Valais, comme le relève son directeur par intérim Roland Sprenger: «Comme nous fêtons nos 50 ans d'existence, nous disposons cette année d'un budget plus élevé, c'est ce qui explique que nous pouvons être si généreux.» Quant au choix de Finges, les raisons sont tout à la fois nombreuses et évidentes. Roland Sprenger est, entre autres, enthousiasmé par le fait que la protection de la nature fait l'unanimité et franchit facilement les frontières linguistiques. «Nous sommes également heureux que le canton du Valais s'ouvre au tourisme doux.» Le but poursuivi s'adapte parfaitement aux principes éthiques de Migros.

Cette dernière s'engage en effet depuis de nombreuses années en faveur de l'environnement et essaie de sensibiliser l'opinion à sa protection. Le centre d'information de Finges poursuit les mêmes objectifs. Il doit permettre de poursuivre les recherches et devenir un lieu de formation pour les spécialistes, ainsi qu'un lieu didactique pour les visiteurs et les classes d'école. L'ouverture est également au programme, avec des échanges avec l'Université de Berne et le Station ornithologique de Sempach.

La construction de l'autoroute A9 qui reliera Sierre à Brigue représente - contrairement à ce que l'on pourrait penser - une chance pour la forêt de Finges. La route cantonale qui, jusqu'à aujourd'hui, traversait les lieux sera transférée sur la rive droite du Rhône. La nouvelle autoroute suivra la ligne de l'actuel tracé, mais sera souterraine. Ainsi, la surface occupée aujourd'hui par les véhicules sera rendue à la nature. La réalisation terminée, l'endroit retrouvera un état comparable à celui qu'il avait dans les années cinquante.

Texte Jeanette Kuster

Infos sur la forêt de Finges et les projets de son association, tél. 027 452 21 37 ou www.pfyn-finges.ch