En Valais, le creusement des vallées fluviales résulte d'une double action :

•  usure du lit et des berges par les matériaux

•  déblaiement par l'eau des alluvions devenues de plus en plus meubles.

Il en résulte, suivant la composition géologique du sol, des vallées dont le profil a respectivement la forme d'un V pour vallées fluviales ou d'un I pour gorge.

Si la roche qui borde les rives des torrents est tendre et la pente raide, la vallée prendra peu à peu la forme d'un V.

Par contre, si un cours d'eau franchit un seuil dur de roche compacte, les tourbillons d'eau dans leurs mouvements circulaires creuseront à l'aide du sable et des cailloux des marmites de géants qui vont s'agrandir et se réunir pour former finalement des gorges étroites et profondes dont les bords resteront verticaux et très serrés.

Au fond d'une de ces gorges de quelques centaines de mètres de hauteur coule le Trient.

Des siècles ont été nécessaires au trient pour creuser ces gorges majestueuses au fond desquelles on se sent vraiment petit…

Aujourd'hui encore, les eaux du trient grignotent inlassablement la roche.

Du fond de ces gorges, en levant la tête, on peut apercevoir le pont de Gueuroz. Pour rejoindre ce pont, vous devez emprunter la route qui relie Martigny à Salvan-les Marécottes.

Durant votre visite sur les passerelles, la profondeur des gorges et la hauteur du pont de Gueuroz qui les surplombe à plus de 187 mètres vous émerveilleront.

Le Pont de Gueuroz a été construit dans les années 1932 et 1933, d'après les plans de l'ingénieur Alexandre Sarrasin. De par l'élégance et la hardiesse de sa structure, il est devenu un témoin remarquable et présente aujourd'hui une valeur architecturale et historique exceptionnelle.

Il s'agit d'un pont en béton armé du type arc raidi par le tablier d'une longueur totale de 168 m 36. La portée de l'arc central est de 98 m 56. L 'ouvrage se termine, côté Martigny, par un viaduc d'accès à trois travées de 16 mètres , similaire côté Salvan.

La largeur utile est de 4,40 m pour une largeur totale à l'extérieur des poutres latérales de 5,44 m .

Comme les autres ouvrages construits à cette époque, il ne comporte pas d'étanchéité, ni en chaussée, ni aux joints de dilatation. Il est pourvu de sections de béton très réduites avec une forte densité d'armature recouverte d'une couche de béton ou de lait de ciment.

Malgré ces faiblesses, il a servi pratiquement sans entretien durant près de soixante ans, en supportant un trafic de plus en plus important en densité et en poids, des conditions climatiques sévères, ainsi que l'agressivité des sels utilisés pour empêcher le verglas de se former.

Depuis 1996, un nouveau pont a été construit en parallèle de l'ancien.